Boy on the Bridge poster
09 décembre 2016

Boy On The Bridge, un thriller initiatique

La note fruitée : 8.5/10

Scénario

Acteurs

Mise en scène

Ressenti émotionnel

Synopsis de Boy on the Bridge

Chypre 1988. Socrates, douze ans, passe ses journées d’été sur sa bicyclette, arpentant les rues désertes de son village de montagne. Avec son cousin et confident Marco, ils s’amusent à déclencher quelques pétards faits maison, comme le faisait le grand-père lorsqu’il était héros de guerre. Mais l’insouciance de Socrates va brusquement prendre fin dès lors qu’il découvre le véritable visage de Hambo, le père de Marco. Socrates se retrouve au coeur d’une enquête qui changera sa vie à jamais.

Nous avons vu ce film au Festival du Grain à Démoudre

Samedi 26 novembre, nous étions au Festival du Grain à Démoudre en Normandie. Géré par des jeunes de 12 à 25 ans, le Grain accueille des réalisateurs talentueux et trop souvent oubliés du public, qui signent des oeuvres pleines d’émotions, toutes empreintes de réalité. “C’est un festival sur des enfants qui morflent”, nous ont répété les jeunes organisateurs.

Avec Josepha la mandarine et Mathilde la Mirabelle, nous avons donc passé la journée auprès des membres du jury : Jean-Marc Barr (Le Grand Bleu), Régis Roinsard (réalisateur de Populaire), ou encore Bruno Choël (voix française d’Ewan McGregor, Johnny Depp et tant d’autres). On prenait notre café avec eux de façon conviviale, autour du bar, en attendant la prochaine séance. Comme à la maison.

Après ces pauses assez irréalistes (prendre un café tranquille avec tous ces gens à Gonfreville L’orcher, c’est quand même un truc à faire dans sa vie), nous retournions dans la salle aux sièges rouges pour visionner trois films puissants et contemplatifs, qui précédaient une discussion souvent passionnante avec les réalisateurs.

Des films que nous avons vu au Festival du Grain à Démoudre, Boy on the Bridge était celui qui nous inspirait le moins de curiosité, peut-être dû à un synopsis un peu trompeur. Et pourtant ! Ce film nous a collé une claque !

Un point de vue original

La quasi totalité du film est racontée à travers les yeux du gamin, Socrates. Tout au long de l’histoire, nous collons au basques de ce gosse un peu turbulent, au sein de son petit monde aux alentours de son village sur l’île de Chypre. On va ressentir son excitation lorsqu’il va poser ses “pétards” artisanaux (qui tiennent plus de la petite bombe que du pétard du 14 juillet), ses angoisses face à son oncle (qui maltraite sa tante et ses cousins), son affection pour ses parents et son profond respect pour son grand-père mort au combat.

Ces émotions, le jeune Constantinos Farmakas, qui joue le fameux Boy on the Bridge du titre, va nous les montrer avec un jeu d’acteur très impressionnant pour son âge. On les sent d’autant plus que la caméra ne le quitte pratiquement pas du film, usant de plans serrés et gros plans pour nous permettre de lire sur son visage la force des sentiments qui le traverse.

Boy on the Bridge photo 1

Un récit initiatique d’une violence inouïe

“C’est un film sur le passage à l’âge adulte, ce n’est pas un film politique” nous dira Petros Charalambous pour répondre à une question d’une spectatrice qui s’interrogeait sur les conflits auxquels avait pris part le grand père de Socrates. Et quel passage ! La violence des événements traversés par la communauté du village ébranleraient un adulte normalement constitué ! Socrates va non seulement y assister, mais également les subir, sa famille étant directement impliquée.

Il va partir de l‘insouciance de l’enfance au début du film, passer par une évolution progressive en s’inspirant tantôt de son père, vétérinaire attentionné, tantôt de son grand-père, héros de guerre dont les exploits lui ont été contés par un de ses frères d’armes. Il va commencer à perdre ses repère lorsque son oncle va tuer l’oiseau apprivoisé de son ami, sans raison aucune. Et son monde va s’écrouler lorsqu’il va découvrir des réalités sur sa famille qu’il ne soupçonnait pas. A la fin du film, il va remplacer un élément symbolique par un autre, ce qui nous montrera la dernière étape franchie, et sa sortie définitive de l’enfance.

Boy on the Bridge photo 2

Un thriller qui nous mène par le bout du nez

Au delà de la dimension métaphorique du récit, de l’évolution de l’enfant à l’adulte, le film est un thriller qui va nous angoisser et nous questionner vivement avant la résolution finale. Les personnages sont multifacettes, très bien écrits, et la plupart vont nous surprendre à un moment ou à un autre. On va assister à un premier retournement de situation qui va nous faire dire “Ah ? Je pensais pas que c’était lui”, puis un deuxième annulant le précédent, avant que la résolution finale nous prenne complètement par surprise.

Boy on the Bridge photo 3

On en retient quoi ?

La signification du Boy on the Bridge va arriver sur l’un des dernier plans du film, une scène d’une émotion intense. Et c’est ce plan qui peut résumer notre ressenti du film : un film plein d’émotions, fortes et contradictoires, qui va vous mettre dans tous vos états.

Boy on the Bridge

Sortie le 18 octobre 2016
Réalisé par Petros Charalambous
Avec Kika Georgiou, Kostas Dimitriou, Toni Dimitriou…
Thriller, drame
Durée : 1h30

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