30 octobre 2017

Good Times – Une nuit de descente aux enfers !

Good Times – Une nuit de descente aux enfers

Le thriller qui réconcilie avec Robert Pattinson

Prenez un petit délinquant du Queens, ajoutez un amour inconditionnel pour son frère handicapé mental, un braquage qui tourne mal, une louche sans fond de guigne, mélangez le tout au cours d’une traque nocturne dans les bas-fonds de New York et vous obtenez le très bon polar qu’est Good Time.

En effet, Connie est une petite frappe qui souhaite venir en aide à son frère Nick, handicapé mental, en l’éloignant des médecins et de leur grand-mère avec laquelle ils vivent. Sa logique est simple : braquer une banque afin de s’enfuir en Virginie. Sauf que la réalité est tout autre. Le braquage tourne mal, Nick est arrêté et Connie va alors tout faire pour sortir son frère de détention.

Pourtant, ce braquage se déroule bien, semble astucieusement pensé et orchestré mais c’est sans compter sur la poisse dont semble être malheureusement doté notre protagoniste.

C’est alors que commence une lente dérive digne d’un cauchemar kafkaïen. Connie va d’abord tenter de réunir l’argent de la caution, mais rapidement, alors qu’il apprend que son frère vient d’être hospitalisé, une autre option s’offre à lui : le faire s’évader.

Notre délinquant fait preuve d’une rage sans faille pour s’en sortir, usant et abusant des personnes qu’il rencontre sur son chemin au cours de ce Bad Trip. Il se jette corps et âmes dans sa mission de sauvetage, faisant preuve d’une réactivité et d’une débrouille incroyable pour toujours retomber sur ses pattes. Cependant ses subterfuges sont de plus en plus instables et les rebondissements lui échappent sans qu’il ne puisse plus contrôler son destin, ni celui des autres.

On ignore pourquoi il déploie une telle dévotion à vouloir tirer d’affaire son frère alors que tous les plans foireux qu’il échafaude sont voués d’avance à l’échec. La motivation dont il fait preuve et sa naïveté rend le personnage de Connie touchant. Il ne recule devant rien et ne semble pas avoir de limites. Mais le spectateur sent qu’il court à sa perte et assiste impuissant à sa descente aux enfers. Une descente dans laquelle il entraine des innocents, des paumés, sans aucune considération pour eux. Un panel exhaustif des bas-fonds de New York.

La musique électronique stridente présente dans chaque scène d’action renforce l’ambiance oppressante et inquiétante : Le malaise s’installe. On vit cette nuit avec Connie, on espère que les choses vont enfin s’arranger ou que les péripéties s’arrêtent une bonne fois pour toute. On se fait balader avec lui, rattraper par sa malchance. Les plans y sont d’ailleurs pour beaucoup dans cette dérangeante sensation de proximité. Les personnages sont filmés en gros plans qui les montrent à leur désavantage. On voudrait s’éloigner, fuir, ne pas être impliqué dans ses destins qui s’écroulent devant nos yeux, mais la tentation est forte de voir jusqu’où Connie sera prêt à aller. L’action de déroule à cent à l’heure, ne laissant pas de temps pour reprendre son souffle. Et il serait bien trompeur de se laisser aller à respirer un peu pendant les accalmies qui ne sont que de courtes durée. La luminosité fluorescente, tamisée par des néons majoritairement rouge accentue également un sentiment de claustrophobie : la chute est inéluctable, tout n’est qu’une question de temps.

Robert Pattinson livre là une interprétation surprenante, magistrale, bien loin des histoires de vampires pour adolescentes. Il incarne avec passion et justesse notre héro malchanceux mais persévérant.

Pour tout féru de thriller, Good Time est une bonne pioche ! Le scénario présente une impressionnante fuite en avant rocambolesque et maintient le spectateur en haleine tout du long. Le titre même est d’ailleurs d’un fort cynisme par son ironie évidente. Tout va très vite et les ennuis ne font que commencer.

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