Je vais être tout à fait honnête avec vous. La révolution des Khmers Rouges, qui a eu lieu au Cambogde dans les années 70, était un sujet dont j’avais très vaguement entendu parlé et qui était depuis bien longtemps sorti de ma mémoire. Et pourtant il s’agît de l’un des épisodes les plus sanglants de l’Histoire, un génocide violent ayant fait des millions de victimes et forcé de nombreuses familles aux travaux forcés ou à l’exil. Un événement dramatique à ne pas oublier donc, et qui de mieux pour le représenter à l’écran que Donnie Do, réalisateur d’origine Cambodgienne, dont la famille s’est exilée en France comme tant d’autres à l’époque…

L’histoire d’une famille dans la tourmente

« Funan », c’est l’histoire d’une famille heureuse vivant à Phnom Penh qui, suite à la prise de pouvoir des Khmers Rouges en avril 1975, est forcée de quitter la ville et de participer aux travaux forcés. Mais dans la cohue, Chou et Khuon vont être séparés de leur fils de 4 ans. Commencent alors pour eux une bataille pour survivre jusqu’à pourvoir enfin retrouver leur enfant.

Pour parler de cette période terrible, le réalisateur a choisi une vision à échelle humaine, celle d’une famille qui comme tant d’autres va essuyer des pertes incommensurables de la main du régime. Ce point de vue lui permet de retranscrire avec exactitude et effroi la situation des Cambodgiens à cette période, soumis aussi bien aux travaux forcés qu’à la faim et à la maladie. La majorité des événements du film doivent leur détails aux récits de la mère de Donnie Do, elle-même réfugiée Cambodgienne en France à l’époque. On a tout de suite pitié pour ces pauvres gens grâce aux très bons personnages confrontés à leur dilemme permanent entre le désir impossible de fuite, la soumission pour ne pas mourir de faim et cette persévérance à vouloir survivre à tout prix pour retrouver les êtres aimés…

Funan

La détresse de Chou et Khuon est palpable ©Bac Films / Les Films d’Ici / Epuar / Juliette Films / Lunanime / Gao Shan Pictures

Le film arrive sans problème à nous faire nous attacher aux personnages car il ose en faire des êtres non-manichéens. On y retrouve ce paradoxe provoqué par de telles horreurs, où des personnes fondamentalement bonnes sont prêtes aux pires exactions pour survivre, quand d’autres considérées comme des traîtres ou des lâches font finalement preuve d’un peu de bonté et souffre de leur culpabilité. Une bonne partie du film suit d’ailleurs le fils de Chou et Khuon, nous montrant parfaitement ses réactions devant ce à quoi il est confronté, vu par ses yeux innocents d’enfant. On est donc devant quelque chose de fort émotionnellement, amplifié par l’animation qui retransmet très bien l’ensemble.

L’animation au service du devoir de mémoire…

Choisir de faire un film d’animation pour raconter un épisode aussi sombre de l’histoire du Cambodge était un pari osé. Mais Donnie Do a bien compris la liberté que lui offrait cette méthode. Là où un film live aurait pu facilement plonger dans le piège d’être trop graphique et donc réservé à un public averti, ou encore de manquer de détails, le réalisateur a décidé de prendre le parti de la suggestion et du ressenti directs des faits sur les personnages. En jouant beaucoup sur les sons, les lumières et les expressions faciales, on devine de suite ce qu’il se passe sans rien montrer de visuellement violent, permettant à des enfants de pouvoir voir le film sans être choqués inutilement par une image trop explicite. Les chocs ressentis sont avant tout émotionnels, et le film tape dans le mille sans problème sur ce point.

Funan

Certains plans sont absolument splendides ©Bac Films / Les Films d’Ici / Epuar / Juliette Films / Lunanime / Gao Shan Pictures

L’imagerie du film constitue l’un de ses points fort. L’animation est parfaite et certains plans sont justes magnifiques. La bonne idée a été de faire se suivre des plans situés à des  endroits totalement différents, mais reliés par un élément commun, offrant des transition parfois onirique entre une scène de violence et une autre plus calme… Côté casting, Bérénice Béjo et Louis Garrel sont je pense de très bon choix. Capables de transmettre la détresse et la colère des parents sans pour autant en faire des caisses, leur jeu est tout en nuance et ne part jamais dans la parodie ou l’excès. Il faut avouer qu’ils sont bien aidés par les dialogues qui ne sont ni trop théâtrales ni trop familier mais illustre ce sentiment de gravité permanent.

En défruinitive, « Funan » est un très bon film mais surtout un film nécessaire, qui nous rappelle que les épisodes les plus tristes ne sont pas forcément si loin (à peine 50 ans ont passé depuis la révolution des Khmers Rouges) et qui impose son devoir de mémoire avec subtilité et émotion. Je vous le conseille sans problème.

Réalisation

Nationalité

Année de sortie

Je vais être tout à fait honnête avec vous. La révolution des Khmers Rouges, qui a eu lieu au Cambogde dans les années 70, était un sujet dont j'avais très vaguement entendu parlé et qui était depuis bien longtemps sorti de ma mémoire. Et pourtant il s'agît de l'un des épisodes les plus sanglants de l'Histoire, un génocide violent ayant fait des millions de victimes et forcé de nombreuses familles aux travaux forcés ou à l'exil. Un événement dramatique à ne pas oublier donc, et qui de mieux pour le représenter à l'écran que Donnie Do, réalisateur d'origine Cambodgienne, dont la famille s'est exilée en France comme tant d'autres à l'époque...

L'histoire d'une famille dans la tourmente

"Funan", c'est l'histoire d'une famille heureuse vivant à Phnom Penh qui, suite à la prise de pouvoir des Khmers Rouges en avril 1975, est forcée de quitter la ville et de participer aux travaux forcés. Mais dans la cohue, Chou et Khuon vont être séparés de leur fils de 4 ans. Commencent alors pour eux une bataille pour survivre jusqu'à pourvoir enfin retrouver leur enfant.

Pour parler de cette période terrible, le réalisateur a choisi une vision à échelle humaine, celle d'une famille qui comme tant d'autres va essuyer des pertes incommensurables de la main du régime. Ce point de vue lui permet de retranscrire avec exactitude et effroi la situation des Cambodgiens à cette période, soumis aussi bien aux travaux forcés qu'à la faim et à la maladie. La majorité des événements du film doivent leur détails aux récits de la mère de Donnie Do, elle-même réfugiée Cambodgienne en France à l'époque. On a tout de suite pitié pour ces pauvres gens grâce aux très bons personnages confrontés à leur dilemme permanent entre le désir impossible de fuite, la soumission pour ne pas mourir de faim et cette persévérance à vouloir survivre à tout prix pour retrouver les êtres aimés...

Funan

La détresse de Chou et Khuon est palpable ©Bac Films / Les Films d'Ici / Epuar / Juliette Films / Lunanime / Gao Shan Pictures

Le film arrive sans problème à nous faire nous attacher aux personnages car il ose en faire des êtres non-manichéens. On y retrouve ce paradoxe provoqué par de telles horreurs, où des personnes fondamentalement bonnes sont prêtes aux pires exactions pour survivre, quand d'autres considérées comme des traîtres ou des lâches font finalement preuve d'un peu de bonté et souffre de leur culpabilité. Une bonne partie du film suit d'ailleurs le fils de Chou et Khuon, nous montrant parfaitement ses réactions devant ce à quoi il est confronté, vu par ses yeux innocents d'enfant. On est donc devant quelque chose de fort émotionnellement, amplifié par l'animation qui retransmet très bien l'ensemble.

L'animation au service du devoir de mémoire...

Choisir de faire un film d'animation pour raconter un épisode aussi sombre de l'histoire du Cambodge était un pari osé. Mais Donnie Do a bien compris la liberté que lui offrait cette méthode. Là où un film live aurait pu facilement plonger dans le piège d'être trop graphique et donc réservé à un public averti, ou encore de manquer de détails, le réalisateur a décidé de prendre le parti de la suggestion et du ressenti directs des faits sur les personnages. En jouant beaucoup sur les sons, les lumières et les expressions faciales, on devine de suite ce qu'il se passe sans rien montrer de visuellement violent, permettant à des enfants de pouvoir voir le film sans être choqués inutilement par une image trop explicite. Les chocs ressentis sont avant tout émotionnels, et le film tape dans le mille sans problème sur ce point.

Funan

Certains plans sont absolument splendides ©Bac Films / Les Films d'Ici / Epuar / Juliette Films / Lunanime / Gao Shan Pictures

L'imagerie du film constitue l'un de ses points fort. L'animation est parfaite et certains plans sont justes magnifiques. La bonne idée a été de faire se suivre des plans situés à des  endroits totalement différents, mais reliés par un élément commun, offrant des transition parfois onirique entre une scène de violence et une autre plus calme... Côté casting, Bérénice Béjo et Louis Garrel sont je pense de très bon choix. Capables de transmettre la détresse et la colère des parents sans pour autant en faire des caisses, leur jeu est tout en nuance et ne part jamais dans la parodie ou l'excès. Il faut avouer qu'ils sont bien aidés par les dialogues qui ne sont ni trop théâtrales ni trop familier mais illustre ce sentiment de gravité permanent.

En défruinitive, "Funan" est un très bon film mais surtout un film nécessaire, qui nous rappelle que les épisodes les plus tristes ne sont pas forcément si loin (à peine 50 ans ont passé depuis la révolution des Khmers Rouges) et qui impose son devoir de mémoire avec subtilité et émotion. Je vous le conseille sans problème.

Maxime

Maxime

Digne représentant de la génération Y, j’ai été conditionné par le visionnage des blockbusters à pop-corn et du cinéma indépendant bien glauque des 90s. C’est en apprenant la façon dont le cinéma fonctionne que j’ai commencé à me passionner pour cet art. J’aime tous les styles, mais j’avoue volontiers un penchant pour la SF, surtout quand elle porte un message. On me décrit comme quelqu’un qui aime partager ses idées, comme on partage un ananas trop gros pour être mangé seul.

Fiche technique

Genre

Réalisation

Tête d'affiche

Nationalité

Année de sortie

Je vais être tout à fait honnête avec vous. La révolution des Khmers Rouges, qui a eu lieu au Cambogde dans les années 70, était un sujet dont j'avais très vaguement entendu parlé et qui était depuis bien longtemps sorti de ma mémoire. Et pourtant il s'agît de l'un des épisodes les plus sanglants de l'Histoire, un génocide violent ayant fait des millions de victimes et forcé de nombreuses familles aux travaux forcés ou à l'exil. Un événement dramatique à ne pas oublier donc, et qui de mieux pour le représenter à l'écran que Donnie Do, réalisateur d'origine Cambodgienne, dont la famille s'est exilée en France comme tant d'autres à l'époque...

L'histoire d'une famille dans la tourmente

"Funan", c'est l'histoire d'une famille heureuse vivant à Phnom Penh qui, suite à la prise de pouvoir des Khmers Rouges en avril 1975, est forcée de quitter la ville et de participer aux travaux forcés. Mais dans la cohue, Chou et Khuon vont être séparés de leur fils de 4 ans. Commencent alors pour eux une bataille pour survivre jusqu'à pourvoir enfin retrouver leur enfant.

Pour parler de cette période terrible, le réalisateur a choisi une vision à échelle humaine, celle d'une famille qui comme tant d'autres va essuyer des pertes incommensurables de la main du régime. Ce point de vue lui permet de retranscrire avec exactitude et effroi la situation des Cambodgiens à cette période, soumis aussi bien aux travaux forcés qu'à la faim et à la maladie. La majorité des événements du film doivent leur détails aux récits de la mère de Donnie Do, elle-même réfugiée Cambodgienne en France à l'époque. On a tout de suite pitié pour ces pauvres gens grâce aux très bons personnages confrontés à leur dilemme permanent entre le désir impossible de fuite, la soumission pour ne pas mourir de faim et cette persévérance à vouloir survivre à tout prix pour retrouver les êtres aimés...

Funan

La détresse de Chou et Khuon est palpable ©Bac Films / Les Films d'Ici / Epuar / Juliette Films / Lunanime / Gao Shan Pictures

Le film arrive sans problème à nous faire nous attacher aux personnages car il ose en faire des êtres non-manichéens. On y retrouve ce paradoxe provoqué par de telles horreurs, où des personnes fondamentalement bonnes sont prêtes aux pires exactions pour survivre, quand d'autres considérées comme des traîtres ou des lâches font finalement preuve d'un peu de bonté et souffre de leur culpabilité. Une bonne partie du film suit d'ailleurs le fils de Chou et Khuon, nous montrant parfaitement ses réactions devant ce à quoi il est confronté, vu par ses yeux innocents d'enfant. On est donc devant quelque chose de fort émotionnellement, amplifié par l'animation qui retransmet très bien l'ensemble.

L'animation au service du devoir de mémoire...

Choisir de faire un film d'animation pour raconter un épisode aussi sombre de l'histoire du Cambodge était un pari osé. Mais Donnie Do a bien compris la liberté que lui offrait cette méthode. Là où un film live aurait pu facilement plonger dans le piège d'être trop graphique et donc réservé à un public averti, ou encore de manquer de détails, le réalisateur a décidé de prendre le parti de la suggestion et du ressenti directs des faits sur les personnages. En jouant beaucoup sur les sons, les lumières et les expressions faciales, on devine de suite ce qu'il se passe sans rien montrer de visuellement violent, permettant à des enfants de pouvoir voir le film sans être choqués inutilement par une image trop explicite. Les chocs ressentis sont avant tout émotionnels, et le film tape dans le mille sans problème sur ce point.

Funan

Certains plans sont absolument splendides ©Bac Films / Les Films d'Ici / Epuar / Juliette Films / Lunanime / Gao Shan Pictures

L'imagerie du film constitue l'un de ses points fort. L'animation est parfaite et certains plans sont justes magnifiques. La bonne idée a été de faire se suivre des plans situés à des  endroits totalement différents, mais reliés par un élément commun, offrant des transition parfois onirique entre une scène de violence et une autre plus calme... Côté casting, Bérénice Béjo et Louis Garrel sont je pense de très bon choix. Capables de transmettre la détresse et la colère des parents sans pour autant en faire des caisses, leur jeu est tout en nuance et ne part jamais dans la parodie ou l'excès. Il faut avouer qu'ils sont bien aidés par les dialogues qui ne sont ni trop théâtrales ni trop familier mais illustre ce sentiment de gravité permanent.

En défruinitive, "Funan" est un très bon film mais surtout un film nécessaire, qui nous rappelle que les épisodes les plus tristes ne sont pas forcément si loin (à peine 50 ans ont passé depuis la révolution des Khmers Rouges) et qui impose son devoir de mémoire avec subtilité et émotion. Je vous le conseille sans problème.

Maxime

Maxime

Digne représentant de la génération Y, j’ai été conditionné par le visionnage des blockbusters à pop-corn et du cinéma indépendant bien glauque des 90s. C’est en apprenant la façon dont le cinéma fonctionne que j’ai commencé à me passionner pour cet art. J’aime tous les styles, mais j’avoue volontiers un penchant pour la SF, surtout quand elle porte un message. On me décrit comme quelqu’un qui aime partager ses idées, comme on partage un ananas trop gros pour être mangé seul.

Ça correspond parfaitement à votre envie du moment ? Partagez à vos amis !

Pas encore rassasiés ?

Réalisation

Nationalité

Année de sortie

Je vais être tout à fait honnête avec vous. La révolution des Khmers Rouges, qui a eu lieu au Cambogde dans les années 70, était un sujet dont j'avais très vaguement entendu parlé et qui était depuis bien longtemps sorti de ma mémoire. Et pourtant il s'agît de l'un des épisodes les plus sanglants de l'Histoire, un génocide violent ayant fait des millions de victimes et forcé de nombreuses familles aux travaux forcés ou à l'exil. Un événement dramatique à ne pas oublier donc, et qui de mieux pour le représenter à l'écran que Donnie Do, réalisateur d'origine Cambodgienne, dont la famille s'est exilée en France comme tant d'autres à l'époque...

L'histoire d'une famille dans la tourmente

"Funan", c'est l'histoire d'une famille heureuse vivant à Phnom Penh qui, suite à la prise de pouvoir des Khmers Rouges en avril 1975, est forcée de quitter la ville et de participer aux travaux forcés. Mais dans la cohue, Chou et Khuon vont être séparés de leur fils de 4 ans. Commencent alors pour eux une bataille pour survivre jusqu'à pourvoir enfin retrouver leur enfant.

Pour parler de cette période terrible, le réalisateur a choisi une vision à échelle humaine, celle d'une famille qui comme tant d'autres va essuyer des pertes incommensurables de la main du régime. Ce point de vue lui permet de retranscrire avec exactitude et effroi la situation des Cambodgiens à cette période, soumis aussi bien aux travaux forcés qu'à la faim et à la maladie. La majorité des événements du film doivent leur détails aux récits de la mère de Donnie Do, elle-même réfugiée Cambodgienne en France à l'époque. On a tout de suite pitié pour ces pauvres gens grâce aux très bons personnages confrontés à leur dilemme permanent entre le désir impossible de fuite, la soumission pour ne pas mourir de faim et cette persévérance à vouloir survivre à tout prix pour retrouver les êtres aimés...

Funan

La détresse de Chou et Khuon est palpable ©Bac Films / Les Films d'Ici / Epuar / Juliette Films / Lunanime / Gao Shan Pictures

Le film arrive sans problème à nous faire nous attacher aux personnages car il ose en faire des êtres non-manichéens. On y retrouve ce paradoxe provoqué par de telles horreurs, où des personnes fondamentalement bonnes sont prêtes aux pires exactions pour survivre, quand d'autres considérées comme des traîtres ou des lâches font finalement preuve d'un peu de bonté et souffre de leur culpabilité. Une bonne partie du film suit d'ailleurs le fils de Chou et Khuon, nous montrant parfaitement ses réactions devant ce à quoi il est confronté, vu par ses yeux innocents d'enfant. On est donc devant quelque chose de fort émotionnellement, amplifié par l'animation qui retransmet très bien l'ensemble.

L'animation au service du devoir de mémoire...

Choisir de faire un film d'animation pour raconter un épisode aussi sombre de l'histoire du Cambodge était un pari osé. Mais Donnie Do a bien compris la liberté que lui offrait cette méthode. Là où un film live aurait pu facilement plonger dans le piège d'être trop graphique et donc réservé à un public averti, ou encore de manquer de détails, le réalisateur a décidé de prendre le parti de la suggestion et du ressenti directs des faits sur les personnages. En jouant beaucoup sur les sons, les lumières et les expressions faciales, on devine de suite ce qu'il se passe sans rien montrer de visuellement violent, permettant à des enfants de pouvoir voir le film sans être choqués inutilement par une image trop explicite. Les chocs ressentis sont avant tout émotionnels, et le film tape dans le mille sans problème sur ce point.

Funan

Certains plans sont absolument splendides ©Bac Films / Les Films d'Ici / Epuar / Juliette Films / Lunanime / Gao Shan Pictures

L'imagerie du film constitue l'un de ses points fort. L'animation est parfaite et certains plans sont justes magnifiques. La bonne idée a été de faire se suivre des plans situés à des  endroits totalement différents, mais reliés par un élément commun, offrant des transition parfois onirique entre une scène de violence et une autre plus calme... Côté casting, Bérénice Béjo et Louis Garrel sont je pense de très bon choix. Capables de transmettre la détresse et la colère des parents sans pour autant en faire des caisses, leur jeu est tout en nuance et ne part jamais dans la parodie ou l'excès. Il faut avouer qu'ils sont bien aidés par les dialogues qui ne sont ni trop théâtrales ni trop familier mais illustre ce sentiment de gravité permanent.

En défruinitive, "Funan" est un très bon film mais surtout un film nécessaire, qui nous rappelle que les épisodes les plus tristes ne sont pas forcément si loin (à peine 50 ans ont passé depuis la révolution des Khmers Rouges) et qui impose son devoir de mémoire avec subtilité et émotion. Je vous le conseille sans problème.

Maxime

Maxime

Digne représentant de la génération Y, j’ai été conditionné par le visionnage des blockbusters à pop-corn et du cinéma indépendant bien glauque des 90s. C’est en apprenant la façon dont le cinéma fonctionne que j’ai commencé à me passionner pour cet art. J’aime tous les styles, mais j’avoue volontiers un penchant pour la SF, surtout quand elle porte un message. On me décrit comme quelqu’un qui aime partager ses idées, comme on partage un ananas trop gros pour être mangé seul.

Fiche technique

Genre

Réalisation

Tête d'affiche

Nationalité

Année de sortie

Je vais être tout à fait honnête avec vous. La révolution des Khmers Rouges, qui a eu lieu au Cambogde dans les années 70, était un sujet dont j'avais très vaguement entendu parlé et qui était depuis bien longtemps sorti de ma mémoire. Et pourtant il s'agît de l'un des épisodes les plus sanglants de l'Histoire, un génocide violent ayant fait des millions de victimes et forcé de nombreuses familles aux travaux forcés ou à l'exil. Un événement dramatique à ne pas oublier donc, et qui de mieux pour le représenter à l'écran que Donnie Do, réalisateur d'origine Cambodgienne, dont la famille s'est exilée en France comme tant d'autres à l'époque...

L'histoire d'une famille dans la tourmente

"Funan", c'est l'histoire d'une famille heureuse vivant à Phnom Penh qui, suite à la prise de pouvoir des Khmers Rouges en avril 1975, est forcée de quitter la ville et de participer aux travaux forcés. Mais dans la cohue, Chou et Khuon vont être séparés de leur fils de 4 ans. Commencent alors pour eux une bataille pour survivre jusqu'à pourvoir enfin retrouver leur enfant.

Pour parler de cette période terrible, le réalisateur a choisi une vision à échelle humaine, celle d'une famille qui comme tant d'autres va essuyer des pertes incommensurables de la main du régime. Ce point de vue lui permet de retranscrire avec exactitude et effroi la situation des Cambodgiens à cette période, soumis aussi bien aux travaux forcés qu'à la faim et à la maladie. La majorité des événements du film doivent leur détails aux récits de la mère de Donnie Do, elle-même réfugiée Cambodgienne en France à l'époque. On a tout de suite pitié pour ces pauvres gens grâce aux très bons personnages confrontés à leur dilemme permanent entre le désir impossible de fuite, la soumission pour ne pas mourir de faim et cette persévérance à vouloir survivre à tout prix pour retrouver les êtres aimés...

Funan

La détresse de Chou et Khuon est palpable ©Bac Films / Les Films d'Ici / Epuar / Juliette Films / Lunanime / Gao Shan Pictures

Le film arrive sans problème à nous faire nous attacher aux personnages car il ose en faire des êtres non-manichéens. On y retrouve ce paradoxe provoqué par de telles horreurs, où des personnes fondamentalement bonnes sont prêtes aux pires exactions pour survivre, quand d'autres considérées comme des traîtres ou des lâches font finalement preuve d'un peu de bonté et souffre de leur culpabilité. Une bonne partie du film suit d'ailleurs le fils de Chou et Khuon, nous montrant parfaitement ses réactions devant ce à quoi il est confronté, vu par ses yeux innocents d'enfant. On est donc devant quelque chose de fort émotionnellement, amplifié par l'animation qui retransmet très bien l'ensemble.

L'animation au service du devoir de mémoire...

Choisir de faire un film d'animation pour raconter un épisode aussi sombre de l'histoire du Cambodge était un pari osé. Mais Donnie Do a bien compris la liberté que lui offrait cette méthode. Là où un film live aurait pu facilement plonger dans le piège d'être trop graphique et donc réservé à un public averti, ou encore de manquer de détails, le réalisateur a décidé de prendre le parti de la suggestion et du ressenti directs des faits sur les personnages. En jouant beaucoup sur les sons, les lumières et les expressions faciales, on devine de suite ce qu'il se passe sans rien montrer de visuellement violent, permettant à des enfants de pouvoir voir le film sans être choqués inutilement par une image trop explicite. Les chocs ressentis sont avant tout émotionnels, et le film tape dans le mille sans problème sur ce point.

Funan

Certains plans sont absolument splendides ©Bac Films / Les Films d'Ici / Epuar / Juliette Films / Lunanime / Gao Shan Pictures

L'imagerie du film constitue l'un de ses points fort. L'animation est parfaite et certains plans sont justes magnifiques. La bonne idée a été de faire se suivre des plans situés à des  endroits totalement différents, mais reliés par un élément commun, offrant des transition parfois onirique entre une scène de violence et une autre plus calme... Côté casting, Bérénice Béjo et Louis Garrel sont je pense de très bon choix. Capables de transmettre la détresse et la colère des parents sans pour autant en faire des caisses, leur jeu est tout en nuance et ne part jamais dans la parodie ou l'excès. Il faut avouer qu'ils sont bien aidés par les dialogues qui ne sont ni trop théâtrales ni trop familier mais illustre ce sentiment de gravité permanent.

En défruinitive, "Funan" est un très bon film mais surtout un film nécessaire, qui nous rappelle que les épisodes les plus tristes ne sont pas forcément si loin (à peine 50 ans ont passé depuis la révolution des Khmers Rouges) et qui impose son devoir de mémoire avec subtilité et émotion. Je vous le conseille sans problème.

Maxime

Maxime

Digne représentant de la génération Y, j’ai été conditionné par le visionnage des blockbusters à pop-corn et du cinéma indépendant bien glauque des 90s. C’est en apprenant la façon dont le cinéma fonctionne que j’ai commencé à me passionner pour cet art. J’aime tous les styles, mais j’avoue volontiers un penchant pour la SF, surtout quand elle porte un message. On me décrit comme quelqu’un qui aime partager ses idées, comme on partage un ananas trop gros pour être mangé seul.

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