fbpx

Ça fait longtemps que je n’ai rien pondu mais la découverte de deux films sur la condition féminine en ce début de week-end m’a motivée à écrire deux trois lignes. À part le fait que Numéro Une et La Bonne Épouse dénoncent les inégalités femmes-hommes en mettant en scène de superbes acteurs, tout les sépare, à commencer par leur sortie puisque le premier date de 2017 et le second est en salle depuis mercredi. Numéro Une est rediffusé exceptionnellement pendant sept jours sur france.tv en hommage à sa réalisatrice Tonie Marshall, décédée cette semaine. Ruez-vous donc sur ce film, surtout si vous ne savez pas à quoi vous occuper en ces temps de confinement: au moins, vous ne perdrez pas votre temps. Vous n’êtes pas obligés de vous précipiter avec la même ardeur pour La Bonne Épouse.

La Bonne Épouse n’est pas Le Bon film

Je n’irai pas jusqu’à dire que c’est un mauvais film, comme je l’ai entendu dire par un spectateur qui a bien fait sentir sa déception lors du débat qui suivait la projection, mais il me paraît un peu maladroit dans sa dénonciation de la condition féminine des années 60. Il séduit au premier abord par son casting, sa mise en scène soignée et le délice de voir Yolande Moreau danser ou Edouard Baer parler mais c’est un film facile qui dit ce que tout le monde a déjà dit. Il enfonce des portes ouvertes tout en les refermant soigneusement derrière lui, reprenant un discours déjà plusieurs fois servi (j’ai pensé à deux excellents films en le voyant : Le Sourire de Mona Lisa et The Magdalene Sisters, avec l’excellence en moins) et plongeant dans une caricature qui dessert le propos et le rend naïf. La difficulté dans ce film, c’était de faire une comédie légère (même musicale dans le final) parce que le genre de la comédie a bien souvent recours aux types. La Bonne Épouse n’y échappe pas : les personnages, hommes comme femmes, sont définissables en deux mots et connaissent une évolution brutale, une sorte d’épiphanie morale symbolisée par l’achat d’un pantalon, une nouvelle coupe de cheveux et un retrait du voile. J’ai l’impression que tout y est amalgamé et confondu, comme si le film était issu d’un brainstorming « égalités femmes-hommes dans les 60s ». La Bonne Épouse m’a surprise car je ne m’attendais pas à un scénario si schématique et si simple. J’avais sans doute trop d’attentes… En défruinitive, on ne peut que saluer la tentative de faire une ode aux femmes, quand bien même elle échoue.

Numéro Une, un film intelligent

Numéro Une rejoint La Bonne épouse sur le point du casting, génial lui aussi. En revanche, l’intelligence avec laquelle il dénonce la misogynie l’en distingue quelque peu. Tonie Marshall a fait dans son dernier long-métrage un zoom sur «le monde des affaires», monde singulier où sont exacerbées les inégalités femmes-hommes dans la quête du pouvoir. Le jeu de domination et de séduction qui s’opère dans les gratte-ciels de la Défense entre les joueurs stratégiques d’une partie d’échecs est dévoilé avec finesse. Le personnage interprété par Emmanuelle Devos est l’opposé du cliché de la femme d’affaire, c’est bien plus une femme prise malgré elle dans les rouages d’un système masculin, transformée malgré elle en symbole d’accession des femmes aux plus hautes places du pouvoir. Le scénario et le développement de la narration fait de ce personnage le héros d’un thriller politique. Par le portrait tout en nuances d’une femme et l’esquisse de ceux de celles qui gravitent autour d’elle, Tonie Marshall révèle des inégalités omniprésentes et fait un film sur les inégalités femmes-hommes sans afficher son discours. C’est un film qui montre davantage qu’il ne dit contrairement à La Bonne Épouse.

Je connais les limites de la comparaison que je me suis permise de réaliser ici : il s’agit en effet de deux films aux tonalités très différentes et donc difficilement comparables. J’ai seulement constaté ce week-end les grandes divergences qu’il y a parmi les nombreux films qui parlent de femmes et dénoncent les inégalités femmes-hommes. Faire un film « féministe » est aujourd’hui à la mode, comme s’il s’agissait du nouveau discours à incorporer pour faire un bon film.

Ça fait longtemps que je n'ai rien pondu mais la découverte de deux films sur la condition féminine en ce début de week-end m'a motivée à écrire deux trois lignes. À part le fait que Numéro Une et La Bonne Épouse dénoncent les inégalités femmes-hommes en mettant en scène de superbes acteurs, tout les sépare, à commencer par leur sortie puisque le premier date de 2017 et le second est en salle depuis mercredi. Numéro Une est rediffusé exceptionnellement pendant sept jours sur france.tv en hommage à sa réalisatrice Tonie Marshall, décédée cette semaine. Ruez-vous donc sur ce film, surtout si vous ne savez pas à quoi vous occuper en ces temps de confinement: au moins, vous ne perdrez pas votre temps. Vous n'êtes pas obligés de vous précipiter avec la même ardeur pour La Bonne Épouse.

La Bonne Épouse n'est pas Le Bon film

Je n'irai pas jusqu'à dire que c'est un mauvais film, comme je l'ai entendu dire par un spectateur qui a bien fait sentir sa déception lors du débat qui suivait la projection, mais il me paraît un peu maladroit dans sa dénonciation de la condition féminine des années 60. Il séduit au premier abord par son casting, sa mise en scène soignée et le délice de voir Yolande Moreau danser ou Edouard Baer parler mais c'est un film facile qui dit ce que tout le monde a déjà dit. Il enfonce des portes ouvertes tout en les refermant soigneusement derrière lui, reprenant un discours déjà plusieurs fois servi (j'ai pensé à deux excellents films en le voyant : Le Sourire de Mona Lisa et The Magdalene Sisters, avec l'excellence en moins) et plongeant dans une caricature qui dessert le propos et le rend naïf. La difficulté dans ce film, c'était de faire une comédie légère (même musicale dans le final) parce que le genre de la comédie a bien souvent recours aux types. La Bonne Épouse n'y échappe pas : les personnages, hommes comme femmes, sont définissables en deux mots et connaissent une évolution brutale, une sorte d'épiphanie morale symbolisée par l'achat d'un pantalon, une nouvelle coupe de cheveux et un retrait du voile. J'ai l'impression que tout y est amalgamé et confondu, comme si le film était issu d'un brainstorming « égalités femmes-hommes dans les 60s ». La Bonne Épouse m'a surprise car je ne m'attendais pas à un scénario si schématique et si simple. J'avais sans doute trop d'attentes... En défruinitive, on ne peut que saluer la tentative de faire une ode aux femmes, quand bien même elle échoue.

Numéro Une, un film intelligent

Numéro Une rejoint La Bonne épouse sur le point du casting, génial lui aussi. En revanche, l'intelligence avec laquelle il dénonce la misogynie l'en distingue quelque peu. Tonie Marshall a fait dans son dernier long-métrage un zoom sur «le monde des affaires», monde singulier où sont exacerbées les inégalités femmes-hommes dans la quête du pouvoir. Le jeu de domination et de séduction qui s'opère dans les gratte-ciels de la Défense entre les joueurs stratégiques d'une partie d'échecs est dévoilé avec finesse. Le personnage interprété par Emmanuelle Devos est l'opposé du cliché de la femme d'affaire, c'est bien plus une femme prise malgré elle dans les rouages d'un système masculin, transformée malgré elle en symbole d'accession des femmes aux plus hautes places du pouvoir. Le scénario et le développement de la narration fait de ce personnage le héros d'un thriller politique. Par le portrait tout en nuances d'une femme et l'esquisse de ceux de celles qui gravitent autour d'elle, Tonie Marshall révèle des inégalités omniprésentes et fait un film sur les inégalités femmes-hommes sans afficher son discours. C'est un film qui montre davantage qu'il ne dit contrairement à La Bonne Épouse.

Je connais les limites de la comparaison que je me suis permise de réaliser ici : il s'agit en effet de deux films aux tonalités très différentes et donc difficilement comparables. J'ai seulement constaté ce week-end les grandes divergences qu'il y a parmi les nombreux films qui parlent de femmes et dénoncent les inégalités femmes-hommes. Faire un film « féministe » est aujourd'hui à la mode, comme s'il s'agissait du nouveau discours à incorporer pour faire un bon film.

Claire Massot

Claire Massot

Je suis tombée dans le cinéma quand j'étais petite, grâce à mes parents qui m'ont poussée dedans. À force des films du mercredi après-midi, des films en famille du week-end, j'ai pris goût à découvrir de nouveaux univers, de nouvelles histoires et de nouveaux personnages. Désormais étudiante en prépa littéraire option cinéma, c'est naturellement que l'idée d'écrire sur des films s'est imposée à moi. J'aime les films indépendants, car ils sont généralement assez éloignés des codes et de la classification par genre dont on abuse (un peu trop) souvent. J'affectionne tout particulièrement les films français, car la richesse et la diversité des œuvres qui sont créées chaque année donne chaque jour une forme nouvelle au septième art.

Ça fait longtemps que je n'ai rien pondu mais la découverte de deux films sur la condition féminine en ce début de week-end m'a motivée à écrire deux trois lignes. À part le fait que Numéro Une et La Bonne Épouse dénoncent les inégalités femmes-hommes en mettant en scène de superbes acteurs, tout les sépare, à commencer par leur sortie puisque le premier date de 2017 et le second est en salle depuis mercredi. Numéro Une est rediffusé exceptionnellement pendant sept jours sur france.tv en hommage à sa réalisatrice Tonie Marshall, décédée cette semaine. Ruez-vous donc sur ce film, surtout si vous ne savez pas à quoi vous occuper en ces temps de confinement: au moins, vous ne perdrez pas votre temps. Vous n'êtes pas obligés de vous précipiter avec la même ardeur pour La Bonne Épouse.

La Bonne Épouse n'est pas Le Bon film

Je n'irai pas jusqu'à dire que c'est un mauvais film, comme je l'ai entendu dire par un spectateur qui a bien fait sentir sa déception lors du débat qui suivait la projection, mais il me paraît un peu maladroit dans sa dénonciation de la condition féminine des années 60. Il séduit au premier abord par son casting, sa mise en scène soignée et le délice de voir Yolande Moreau danser ou Edouard Baer parler mais c'est un film facile qui dit ce que tout le monde a déjà dit. Il enfonce des portes ouvertes tout en les refermant soigneusement derrière lui, reprenant un discours déjà plusieurs fois servi (j'ai pensé à deux excellents films en le voyant : Le Sourire de Mona Lisa et The Magdalene Sisters, avec l'excellence en moins) et plongeant dans une caricature qui dessert le propos et le rend naïf. La difficulté dans ce film, c'était de faire une comédie légère (même musicale dans le final) parce que le genre de la comédie a bien souvent recours aux types. La Bonne Épouse n'y échappe pas : les personnages, hommes comme femmes, sont définissables en deux mots et connaissent une évolution brutale, une sorte d'épiphanie morale symbolisée par l'achat d'un pantalon, une nouvelle coupe de cheveux et un retrait du voile. J'ai l'impression que tout y est amalgamé et confondu, comme si le film était issu d'un brainstorming « égalités femmes-hommes dans les 60s ». La Bonne Épouse m'a surprise car je ne m'attendais pas à un scénario si schématique et si simple. J'avais sans doute trop d'attentes... En défruinitive, on ne peut que saluer la tentative de faire une ode aux femmes, quand bien même elle échoue.

Numéro Une, un film intelligent

Numéro Une rejoint La Bonne épouse sur le point du casting, génial lui aussi. En revanche, l'intelligence avec laquelle il dénonce la misogynie l'en distingue quelque peu. Tonie Marshall a fait dans son dernier long-métrage un zoom sur «le monde des affaires», monde singulier où sont exacerbées les inégalités femmes-hommes dans la quête du pouvoir. Le jeu de domination et de séduction qui s'opère dans les gratte-ciels de la Défense entre les joueurs stratégiques d'une partie d'échecs est dévoilé avec finesse. Le personnage interprété par Emmanuelle Devos est l'opposé du cliché de la femme d'affaire, c'est bien plus une femme prise malgré elle dans les rouages d'un système masculin, transformée malgré elle en symbole d'accession des femmes aux plus hautes places du pouvoir. Le scénario et le développement de la narration fait de ce personnage le héros d'un thriller politique. Par le portrait tout en nuances d'une femme et l'esquisse de ceux de celles qui gravitent autour d'elle, Tonie Marshall révèle des inégalités omniprésentes et fait un film sur les inégalités femmes-hommes sans afficher son discours. C'est un film qui montre davantage qu'il ne dit contrairement à La Bonne Épouse.

Je connais les limites de la comparaison que je me suis permise de réaliser ici : il s'agit en effet de deux films aux tonalités très différentes et donc difficilement comparables. J'ai seulement constaté ce week-end les grandes divergences qu'il y a parmi les nombreux films qui parlent de femmes et dénoncent les inégalités femmes-hommes. Faire un film « féministe » est aujourd'hui à la mode, comme s'il s'agissait du nouveau discours à incorporer pour faire un bon film.

Claire Massot

Claire Massot

Je suis tombée dans le cinéma quand j'étais petite, grâce à mes parents qui m'ont poussée dedans. À force des films du mercredi après-midi, des films en famille du week-end, j'ai pris goût à découvrir de nouveaux univers, de nouvelles histoires et de nouveaux personnages. Désormais étudiante en prépa littéraire option cinéma, c'est naturellement que l'idée d'écrire sur des films s'est imposée à moi. J'aime les films indépendants, car ils sont généralement assez éloignés des codes et de la classification par genre dont on abuse (un peu trop) souvent. J'affectionne tout particulièrement les films français, car la richesse et la diversité des œuvres qui sont créées chaque année donne chaque jour une forme nouvelle au septième art.

Ça correspond parfaitement à votre envie du moment ? Partagez à vos amis !

Pas encore rassasiés ?

Ça fait longtemps que je n'ai rien pondu mais la découverte de deux films sur la condition féminine en ce début de week-end m'a motivée à écrire deux trois lignes. À part le fait que Numéro Une et La Bonne Épouse dénoncent les inégalités femmes-hommes en mettant en scène de superbes acteurs, tout les sépare, à commencer par leur sortie puisque le premier date de 2017 et le second est en salle depuis mercredi. Numéro Une est rediffusé exceptionnellement pendant sept jours sur france.tv en hommage à sa réalisatrice Tonie Marshall, décédée cette semaine. Ruez-vous donc sur ce film, surtout si vous ne savez pas à quoi vous occuper en ces temps de confinement: au moins, vous ne perdrez pas votre temps. Vous n'êtes pas obligés de vous précipiter avec la même ardeur pour La Bonne Épouse.

La Bonne Épouse n'est pas Le Bon film

Je n'irai pas jusqu'à dire que c'est un mauvais film, comme je l'ai entendu dire par un spectateur qui a bien fait sentir sa déception lors du débat qui suivait la projection, mais il me paraît un peu maladroit dans sa dénonciation de la condition féminine des années 60. Il séduit au premier abord par son casting, sa mise en scène soignée et le délice de voir Yolande Moreau danser ou Edouard Baer parler mais c'est un film facile qui dit ce que tout le monde a déjà dit. Il enfonce des portes ouvertes tout en les refermant soigneusement derrière lui, reprenant un discours déjà plusieurs fois servi (j'ai pensé à deux excellents films en le voyant : Le Sourire de Mona Lisa et The Magdalene Sisters, avec l'excellence en moins) et plongeant dans une caricature qui dessert le propos et le rend naïf. La difficulté dans ce film, c'était de faire une comédie légère (même musicale dans le final) parce que le genre de la comédie a bien souvent recours aux types. La Bonne Épouse n'y échappe pas : les personnages, hommes comme femmes, sont définissables en deux mots et connaissent une évolution brutale, une sorte d'épiphanie morale symbolisée par l'achat d'un pantalon, une nouvelle coupe de cheveux et un retrait du voile. J'ai l'impression que tout y est amalgamé et confondu, comme si le film était issu d'un brainstorming « égalités femmes-hommes dans les 60s ». La Bonne Épouse m'a surprise car je ne m'attendais pas à un scénario si schématique et si simple. J'avais sans doute trop d'attentes... En défruinitive, on ne peut que saluer la tentative de faire une ode aux femmes, quand bien même elle échoue.

Numéro Une, un film intelligent

Numéro Une rejoint La Bonne épouse sur le point du casting, génial lui aussi. En revanche, l'intelligence avec laquelle il dénonce la misogynie l'en distingue quelque peu. Tonie Marshall a fait dans son dernier long-métrage un zoom sur «le monde des affaires», monde singulier où sont exacerbées les inégalités femmes-hommes dans la quête du pouvoir. Le jeu de domination et de séduction qui s'opère dans les gratte-ciels de la Défense entre les joueurs stratégiques d'une partie d'échecs est dévoilé avec finesse. Le personnage interprété par Emmanuelle Devos est l'opposé du cliché de la femme d'affaire, c'est bien plus une femme prise malgré elle dans les rouages d'un système masculin, transformée malgré elle en symbole d'accession des femmes aux plus hautes places du pouvoir. Le scénario et le développement de la narration fait de ce personnage le héros d'un thriller politique. Par le portrait tout en nuances d'une femme et l'esquisse de ceux de celles qui gravitent autour d'elle, Tonie Marshall révèle des inégalités omniprésentes et fait un film sur les inégalités femmes-hommes sans afficher son discours. C'est un film qui montre davantage qu'il ne dit contrairement à La Bonne Épouse.

Je connais les limites de la comparaison que je me suis permise de réaliser ici : il s'agit en effet de deux films aux tonalités très différentes et donc difficilement comparables. J'ai seulement constaté ce week-end les grandes divergences qu'il y a parmi les nombreux films qui parlent de femmes et dénoncent les inégalités femmes-hommes. Faire un film « féministe » est aujourd'hui à la mode, comme s'il s'agissait du nouveau discours à incorporer pour faire un bon film.

Claire Massot

Claire Massot

Je suis tombée dans le cinéma quand j'étais petite, grâce à mes parents qui m'ont poussée dedans. À force des films du mercredi après-midi, des films en famille du week-end, j'ai pris goût à découvrir de nouveaux univers, de nouvelles histoires et de nouveaux personnages. Désormais étudiante en prépa littéraire option cinéma, c'est naturellement que l'idée d'écrire sur des films s'est imposée à moi. J'aime les films indépendants, car ils sont généralement assez éloignés des codes et de la classification par genre dont on abuse (un peu trop) souvent. J'affectionne tout particulièrement les films français, car la richesse et la diversité des œuvres qui sont créées chaque année donne chaque jour une forme nouvelle au septième art.

Ça fait longtemps que je n'ai rien pondu mais la découverte de deux films sur la condition féminine en ce début de week-end m'a motivée à écrire deux trois lignes. À part le fait que Numéro Une et La Bonne Épouse dénoncent les inégalités femmes-hommes en mettant en scène de superbes acteurs, tout les sépare, à commencer par leur sortie puisque le premier date de 2017 et le second est en salle depuis mercredi. Numéro Une est rediffusé exceptionnellement pendant sept jours sur france.tv en hommage à sa réalisatrice Tonie Marshall, décédée cette semaine. Ruez-vous donc sur ce film, surtout si vous ne savez pas à quoi vous occuper en ces temps de confinement: au moins, vous ne perdrez pas votre temps. Vous n'êtes pas obligés de vous précipiter avec la même ardeur pour La Bonne Épouse.

La Bonne Épouse n'est pas Le Bon film

Je n'irai pas jusqu'à dire que c'est un mauvais film, comme je l'ai entendu dire par un spectateur qui a bien fait sentir sa déception lors du débat qui suivait la projection, mais il me paraît un peu maladroit dans sa dénonciation de la condition féminine des années 60. Il séduit au premier abord par son casting, sa mise en scène soignée et le délice de voir Yolande Moreau danser ou Edouard Baer parler mais c'est un film facile qui dit ce que tout le monde a déjà dit. Il enfonce des portes ouvertes tout en les refermant soigneusement derrière lui, reprenant un discours déjà plusieurs fois servi (j'ai pensé à deux excellents films en le voyant : Le Sourire de Mona Lisa et The Magdalene Sisters, avec l'excellence en moins) et plongeant dans une caricature qui dessert le propos et le rend naïf. La difficulté dans ce film, c'était de faire une comédie légère (même musicale dans le final) parce que le genre de la comédie a bien souvent recours aux types. La Bonne Épouse n'y échappe pas : les personnages, hommes comme femmes, sont définissables en deux mots et connaissent une évolution brutale, une sorte d'épiphanie morale symbolisée par l'achat d'un pantalon, une nouvelle coupe de cheveux et un retrait du voile. J'ai l'impression que tout y est amalgamé et confondu, comme si le film était issu d'un brainstorming « égalités femmes-hommes dans les 60s ». La Bonne Épouse m'a surprise car je ne m'attendais pas à un scénario si schématique et si simple. J'avais sans doute trop d'attentes... En défruinitive, on ne peut que saluer la tentative de faire une ode aux femmes, quand bien même elle échoue.

Numéro Une, un film intelligent

Numéro Une rejoint La Bonne épouse sur le point du casting, génial lui aussi. En revanche, l'intelligence avec laquelle il dénonce la misogynie l'en distingue quelque peu. Tonie Marshall a fait dans son dernier long-métrage un zoom sur «le monde des affaires», monde singulier où sont exacerbées les inégalités femmes-hommes dans la quête du pouvoir. Le jeu de domination et de séduction qui s'opère dans les gratte-ciels de la Défense entre les joueurs stratégiques d'une partie d'échecs est dévoilé avec finesse. Le personnage interprété par Emmanuelle Devos est l'opposé du cliché de la femme d'affaire, c'est bien plus une femme prise malgré elle dans les rouages d'un système masculin, transformée malgré elle en symbole d'accession des femmes aux plus hautes places du pouvoir. Le scénario et le développement de la narration fait de ce personnage le héros d'un thriller politique. Par le portrait tout en nuances d'une femme et l'esquisse de ceux de celles qui gravitent autour d'elle, Tonie Marshall révèle des inégalités omniprésentes et fait un film sur les inégalités femmes-hommes sans afficher son discours. C'est un film qui montre davantage qu'il ne dit contrairement à La Bonne Épouse.

Je connais les limites de la comparaison que je me suis permise de réaliser ici : il s'agit en effet de deux films aux tonalités très différentes et donc difficilement comparables. J'ai seulement constaté ce week-end les grandes divergences qu'il y a parmi les nombreux films qui parlent de femmes et dénoncent les inégalités femmes-hommes. Faire un film « féministe » est aujourd'hui à la mode, comme s'il s'agissait du nouveau discours à incorporer pour faire un bon film.

Claire Massot

Claire Massot

Je suis tombée dans le cinéma quand j'étais petite, grâce à mes parents qui m'ont poussée dedans. À force des films du mercredi après-midi, des films en famille du week-end, j'ai pris goût à découvrir de nouveaux univers, de nouvelles histoires et de nouveaux personnages. Désormais étudiante en prépa littéraire option cinéma, c'est naturellement que l'idée d'écrire sur des films s'est imposée à moi. J'aime les films indépendants, car ils sont généralement assez éloignés des codes et de la classification par genre dont on abuse (un peu trop) souvent. J'affectionne tout particulièrement les films français, car la richesse et la diversité des œuvres qui sont créées chaque année donne chaque jour une forme nouvelle au septième art.

Ça correspond parfaitement à votre envie du moment ? Partagez à vos amis !

Pas encore rassasiés ?